Aide à la recherche de la pensée des seuils. Le passage d'un moment à un autre, et d'un point de vue à un autre, et ce qui arrive entre les deux. Le moi, la perception et le changement dans la création d'image. Maintenant, la soglitude revient avec un projet d'édition. Une revue, un livre, des contributions.
vendredi 23 septembre 2011
jeudi 18 août 2011
absence de la conscience
Depuis plusieurs années, j'essaie de comprendre l'idée de la science de la conscience. Plusieurs approches de Kant à Husserl, de Dennett àChurchland, de Descartes à Damasio.... mais finalement, je me rends compte de de toute expérience intéressante pour la conscience elle est absente.
Ce n'est que dans un second moment que la conscience se réveille, elle n'est pas dans l'expérience directe. Elle n'accompagne pas toutes nos expériences, elle accompagne seulement, et même là de façon intermittente, des expériences extrêmes comme douleur, joie, prises de décision. Le je qui accompagne est extériorisé dans l'action. Nous sommes rarement totalement conscient d'un moment, parce que nous sommes dans le moment.
Le point de vue change en lui-même et grâce à nous. Notre changement de position donne une autre perception du même objet, l'objet lui-même subit des altérations et dans la conscience l'objet est là quand la conscience est en retrait.
Ce n'est que dans un second moment que la conscience se réveille, elle n'est pas dans l'expérience directe. Elle n'accompagne pas toutes nos expériences, elle accompagne seulement, et même là de façon intermittente, des expériences extrêmes comme douleur, joie, prises de décision. Le je qui accompagne est extériorisé dans l'action. Nous sommes rarement totalement conscient d'un moment, parce que nous sommes dans le moment.
Le point de vue change en lui-même et grâce à nous. Notre changement de position donne une autre perception du même objet, l'objet lui-même subit des altérations et dans la conscience l'objet est là quand la conscience est en retrait.
mercredi 17 août 2011
dimanche 12 juin 2011
Le carré vu de côté
"Le carré qu'on me présente obliquement reste un carré, non que j'évoque à propos de ce losange apparent la forme bien connue du carré de face, mais parce que l'apparence losange avec présentation oblique est immédiatement identique à l'apparence carré en présentation frontale, parce que, avec chacune de ces configurations m'est donnée l'orientation de l'objet qui la rend possible et qu'elles s'offrent dans un contexte de relations qui rendent équivalentes a priori les différentes présentations perspectives" Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, p.346
Avec cette petite phrase, Merleau-Ponty sauve mon idée du point de vue singulier qui rend possible tous les autres, et résume aussi la théorie de la Gestalt. Mais il faut lire la suite, évidemment! Ce chapitre est très utile, La chose et le monde naturel.
samedi 14 mai 2011
A Mad Tea Party and the Threshold
En lisant toutes ces nouvelles choses sur la perception et en reconstruisant certains fils de pensées ramassés et perdus de vue il y a longtemps, je me demande si mes questions ne sont pas très naïves. Enfin, je sais qu'elles le sont. Et je me sens encore comme Alice en train de dire au Mad Hatter qu'il ne faut pas faire de remarques personnelles. Mais en même temps, je ne sais pas si ma pensée des seuils ajoute quelque chose à la recherche. Ce serait bien, évidemment. Mais il faudrait peut-être commencer à faire des expériences pour démontrer un seuil empiriquement. Comme par exemple essayer de faire entrer le fameux Dormouse dans le encore plus fameux Tea Pot.
Aujourd'hui, j'ai enfin trouvé une bonne définition du seuil dans l'étude de la perception : the minimal amount of information required for the accomplishment of a perceptual task, dans un livre de William Dember de 1960. Mais enfin, ce que l'information désigne ici est certainement sujet à discussions. Mais surtout, je me rends compte, en découvrant précisément à quoi le terme seuil se réfère techniquement dans ce domaine, à quel point ce sera compliqué de défendre "mon" seuil de la perception! Car j'appelle plutôt le paradoxe apparent entre la stabilité et le changement à laquelle la pensée est sujette un seuil. Car le mot seuil est ce qui lie et sépare à la fois, un pont et une limite mais aussi une ouverture. Donc, il me semble que le seuil de la perception ce serait le moi lui-même, à la fois stable et mouvant, ouvert au changement et apte à recréer encore et encore un même environnement dans lequel nous nous sentons chez nous. Le recréer, entendons-nous bien, et non pas, le conserver.
j'ai trouvé l'autre jour l'image du petit carnet de dessins que l'on peut faire tourner sur le pouce pour créer une image en mouvement. Il me semble que l'esprit opère un peu de la même façon, une image change de moment en moment, et l'arrière-plan ou le contexte reste pareil, mais pas tout à fait, puisqu'il semblerait que la mémoire ne le stocke pas mais le réinvente comme dit Israel Rosenfield.
Ce serait alors plutôt un face à face de la pensée de la continuité de William James et des ruptures et des ensembles dans la pensée gestaltiste. Et aussi un peu comme une éternelle Tea Party.
Aujourd'hui, j'ai enfin trouvé une bonne définition du seuil dans l'étude de la perception : the minimal amount of information required for the accomplishment of a perceptual task, dans un livre de William Dember de 1960. Mais enfin, ce que l'information désigne ici est certainement sujet à discussions. Mais surtout, je me rends compte, en découvrant précisément à quoi le terme seuil se réfère techniquement dans ce domaine, à quel point ce sera compliqué de défendre "mon" seuil de la perception! Car j'appelle plutôt le paradoxe apparent entre la stabilité et le changement à laquelle la pensée est sujette un seuil. Car le mot seuil est ce qui lie et sépare à la fois, un pont et une limite mais aussi une ouverture. Donc, il me semble que le seuil de la perception ce serait le moi lui-même, à la fois stable et mouvant, ouvert au changement et apte à recréer encore et encore un même environnement dans lequel nous nous sentons chez nous. Le recréer, entendons-nous bien, et non pas, le conserver.
j'ai trouvé l'autre jour l'image du petit carnet de dessins que l'on peut faire tourner sur le pouce pour créer une image en mouvement. Il me semble que l'esprit opère un peu de la même façon, une image change de moment en moment, et l'arrière-plan ou le contexte reste pareil, mais pas tout à fait, puisqu'il semblerait que la mémoire ne le stocke pas mais le réinvente comme dit Israel Rosenfield.
Ce serait alors plutôt un face à face de la pensée de la continuité de William James et des ruptures et des ensembles dans la pensée gestaltiste. Et aussi un peu comme une éternelle Tea Party.
lundi 9 mai 2011
les qualia
Percevoir est-ce une qualité objective ou subjective? Quelque chose qui arrive à chacun ou à tout le monde? Est-ce que la question d'une qualité de l'expérience personnelle à chacun relance le débat d'une force mystérieuse qui existerait dans l'univers, une sorte d'éther, d'élan vital, d'orgone...A quoi bon supposer un surplus aux qualités de l'expérience qui existent déjà?
samedi 7 mai 2011
le seuil et le moi
Pour éviter toute confusion avec l'utilisation ésotérique du mot "seuil", je veux apporter ici quelques précisions sur mon usage du terme. Le moi est dans un état de nécessaire ouverture au changement et aux variations dans le réel qu'il perçoit, en même temps, il garde un équilibre dans son identité propre. Les maints changements qu'il perçoit, il les intègre, les ramène à une unité,une sorte de pôle comme Husserl l'appelle. Mais le moi-pôle n'est peut-être pas assez versatile dans cette nécessité de fluidité. Je pense qu'il faut intégrer un peu du moi-processus que l'on trouve chez Hegel, ou de façon plus déployée encore chez Whitehead. Le moi doit à la fois être tourné vers l'extérieur, comme il l'est chez Joyce, et pouvoir revenir sur soi, comme chez Hegel. Pour trouver l'équilibre je trouve que le mot "seuil" caractérise bien le phénomène. Il rapproche le mouvement et la stabilité, et exprime la nécessité d'attacher et de séparer.
vendredi 6 mai 2011
La pensée des seuils
J'ai donc décidé d'être sérieuse et d'écrire un vrai livre sur ma pensée des seuils. Donc, j'ai changé le titre de mon blog de "Hating Bergson" à "Soglitude" - terme créé à l'occasion du développement de la méthode de la pensée des seuils pour le numéro de Conserveries mémorielles paru en avril 2010 (voir d'anciens messages se rapportant à cette manifestation) ici. Bergson est toujours une figure importante pour la théorie des seuils, mais il est en bonne compagnie et rencontre constamment de nouveaux amis. Ici à Boston notamment ceux qui s'occupent de la psychologie cognitive, dans la lignée de William James, David Marr...
Inspirée par notre nouvelle maison ici, je donne ainsi une nouvelle maison à la pensée des seuils.
samedi 13 novembre 2010
Le retour et les nouvelles
Après avoir quitté cette vue incroyable sur la ville du futur, je suis de retour à l'endroit où la vue magnifique se concentre sur mes livres, et on pourrait croire que je suis fan de Wittgenstein et d'Aristote, car c'est ce que je vois quand je suis à mon bureau.
Donc, plus de Shanghai, plus de visite quasi-quotidienne de l'Expo 2010, quel choc, de retour à Paris! En fait, non, pas si choquant que ça, maintenant que la grève des éboueurs a cessé, et que ce sont seulement les saletés ordinaires qui se trouvent sur les rues de Paris.
Eh oui, Shanghai était plus propre, tout était plus neuf, et, la nourriture, bien plus épicée et stimulante. Qui l'eût cru. Moi qui ne voulais pas y aller, maintenant, j'essaie de faire du chinois tous les jours, entre mes autres occupations.
Donc, oui, j'écris plusieurs choses, et je prépare une co-présentation avec Troi pour le colloque de Vincent le 1er décembre: La moviola et les cimaises. Et j'espère découvrir à cette occasion que signifient ces mots bien mystérieux.
Sinon, Joana propose la possibilité d'organiser une nouvelle "seuillade" à Coimbra en 2011, et pour l'instant, j'étudie les possibilités de promouvoir la "soglitude" outre-Atlantique.
Pour ce qui est des recherches sur le livre qui commence à traîner sérieusement, je viens de redécouvrir un court texte de Kant sur la grandeur négative en philosophie. Positivité et négativité sont relatives et peuvent s'annuler quand elles concernent le même sujet. Encore des réflexions sur la négation pour alimenter ma partie sur le thème. Bientôt je pourrai tout relire, et me dire, qu'il faut tout recommencer, sans doute, ou peut-être pas?
dimanche 9 mai 2010
Soutenance fantastique!
jeudi 29 avril 2010
Québec, thèse et avenirs multiples
Il est donc temps de finir ce livre sur Bergson - enfin, finir, c'est un bien grand mot. FINIR. Je devrais plutôt dire "raffermir" ou "dynamiser", car il me reste en effet encore beaucoup d'éléments à apporter à cette chose avant de l'appeler un livre.
La semaine prochaine je retourne à Québec - pour l'événement des grands événements de la saison: la soutenance de thèse de Troi. Donc pour une fois, les illustrations de ce message sont tout à fait appropriées: Québec - et l'alcool de menthe, thème principal de la thèse.
Sinon, je pense au prochain appel à communications pour la soglitude, ainsi qu'à un journée d'études "soglitudes 2" à Québec ou à Montréal. Il faut étudier les possibilités.
Je suis assez contente des retours positifs par rapport à la publication du numéro sur les seuils - et j'espère qu'il y en aura encore beaucoup.
Dans mes réflexions et rédactions autour de Bergson, je suis encore prise dans la question du moi multiple ou du moi double. Je travaille un peu sur les conceptions de Merleau-Ponty et de Thomas Nagel sur le moi persistant. J'ai du mal à comprendre le moi comme un fond solide sur lequel se meut la diversité de l'expérience. Finalement, je dois quand même être d'accord avec la durée comme fondement du moi ( ce n'est donc pas pour rien que j'écris sur Bergson).
Mais la durée est elle-même multiple me semble-t-il et joue dans un va-et-vient sur les retours et les créations d'une identité. La durée est à la fois histoire et mémoire, et rappels incongrus par les rêves et les souhaits. Souvent aussi constituée de peurs et d'inquiétudes par rapport au présent et à l'avenir. Parler d'une durée de moi ne serait alors pas suffisant pour expliquer la dynamique de la conscience?
vendredi 23 avril 2010
Seuils, Thresholds, Soglitudes
samedi 23 janvier 2010
VIVE LA SOGLITUDE
Merci à tous ceux qui sont venus à la première journée consacrée à la pensée des seuils!
Nous avons échangé des points de vue et nous pouvons continuer ici sur ce blog jusqu'à la prochaine rencontre! Le numéro est presque prêt, et nous aurons donc aussi une contribution d'Israel Rosenfield sur la mémoire, l'image du corps et la perception des couleurs!
Merci à Sylvie Castets d'avoir fait le voyage de Bordeaux et de sa belle projection d'images qui lilustre son magnifique texte sur les seuils en art! Merci à Isabelle Singer d'être venue d'Aix et pour sa merveilleuse présentation sur Wim Wenders et les seuils au cinéma! Merci à Valérie Darjo pour l'application de la "soglitude" à une situation concrète!
Merci à Joana Duarte Bernardes d'avoir fait le voyage de Coimbra pour venir assister à la journée et présenter son très beau texte sur la maison comme seuil!
Merci à René Daval d'être venu de Reims, et à Israel Rosenfield d'être venu de New York!! Merci à Marcin Stawiarski pour son intervention sur les seuils chez Gabriel Josipovici! Merci à Stephanie Polsky pour son intervention par visioconférence! (oui, ça a marché!)
Merci à Aurélie Maurin pour son étude passionnante sur les seuils "informels"!
Merci à Jen Paul Galibert d'avoir médité sur le bord!
Merci à Sophie Gosselin et David gé Bartoli pour leur "imperceptible" "infraphysique"!
Et merci à tous ceux qui sont venus assister et à tous ceux qui vont encore enrichir la méthode de la pensée des seuils!
lundi 11 janvier 2010
Journée d'étude "seuils, thresholds, soglitudes"

Enfin un nouveau message sur mon pauvre blog si délaissé! Grâce à un intérêt renouvelé et insoupçonné, je suis donc amenée à publier une grande nouvelle! La première journée de la pensée des seuils - la soglitude (sans prononcer le "g") - aura lieu le 20 janvier à Paris!
Je suis particulièrement contente de pouvoir y accueillir un certain nombre des participants qui verront leurs textes publiés dans la prochaine parution de Conserveries mémorielles: Aurélie Maurin, Stéphanie Polsky (en visioconférence de Londres), Jean Paul Galibert, Marcin Stawiarski, Isabelle Singer, Sylvie Castets, Joana Duarte Bernardes, Sophie Gosselin et David gé Bartoli.
Un petit aperçu du prochain numéro avec Valérie Darjo et je l'espère grâce à la participation nombreuse des "soglitaires"!
Une chance incroyable me permet de réunir Israel Rosenfield, professeur à la City University de New York et spécialiste de la mémoire en neurosciences et René Daval, professeur de philosophie à l'université de Reims, autour d'une table ronde. Israel Rosenfield nous présentera des expériences fascinantes sur la création des couleurs, et René Daval nous parlera notamment de l'ivresse, de l'enthousiasme et de la mélancolie, thèmes de son dernier ouvrage!
Un grand merci à Vincent Auzas pour son aide qui a permis de rendre cette journée possible à l'IHTP!
Pour tous ceux qui ne pourront pas être là, notamment Van Troi Tran dont l'absence est due à une urgence thésique qui le retient à Québec, j'aimerais savoir si nous pouvons faire une transmission par webcam interposée? Grand défi à l'équipe technique!
Venez donc nombreux pour parler des seuils et de la multitude des points de vues!
PROGRAMME DE LA JOURNÉE
9h Accueil et Présentation
Vincent Auzas (Paris Ouest Nanterre-La Défense, Université Laval, IHTP)
Tanja Barazon (CAPA)
Entre-deux
9h15 Aurélie Maurin (Paris VIII) « Les passages adolescents »
9h45 Jean Paul Galibert (Paris) « Le bord de la solitude »
10h15 Pause
Politique du seuil
10h30 Stephanie Polsky (Londres) « Walter Benjamin and Heroic Fascism » (visioconférence)
11h Valérie Darjo (Paris VIII) « Les jeunes Italiens pensent « soglitude » »
Poétique du seuil
11h30 Joana Duarte Bernardes (Université de Coimbra, Portugal) « La maison comme seuil »
12h Marcin Stawiarski (Université de Caen-Basse-Normandie) « Rien que des seuils »
12h30-14h Déjeuner
Esthétique du seuil
14h Isabelle Singer (Aix-en-Provence) « Au fil du temps ou la loi du seuil »
14h30 Sylvie Castets (Bordeaux) « Pour une esthétique du seuil»
15h Sophie Gosselin et David Gé Bartoli (Nantes) « L’infraphysique »
15h30 Table ronde « Soglitude, mémoire, enthousiasme »
Débat animé par Tanja Barazon
Israel Rosenfield, Médecin et Professeur des Idées à la City University de New York, Spécialiste de la mémoire et des neurosciences, auteur de L’invention de la mémoire, 1994 Champs-Flammarion, L’étrange, le familier, l’oublié, Champs-Flammarion, 2005, La mégalomanie de Freud, Seuil, 2000.
René Daval, Professeur de philosophie à l’université de Reims, spécialiste de G.E. Moore et de J. Austin, auteur de Enthousiasme, Ivresse et Mélancolie, Vrin, 2009
Discussion avec les participants et le public
17h Conclusions sur le thème de la « soglitude »
Adresse:
59/61 rue Pouchet
75849 Paris cedex 17
ligne 31, arrêt Guy Môquet ou Brochant-Cardinet
vendredi 15 mai 2009
Encore une idée de l'Europe
On dirait que c'est à la mode- forcément- de se préoccuper d'une identité européenne. Est-elle grecque? est-elle juive? est-elle chrétienne? est-elle slave? est-elle islamique? Ce n'est pas tant le débat autour de ces sources qui m'étonne, mais plutôt cette course qui semble tendre à identifier la "vraie" source. Je ne sais pas si la question de l'identité tourne vraiment autour de cette pluralité d'influences ou une possible restriction. D'un point de vue juridique, économique, je vois qu'il est important de poser des questions, sur le respect de l'autre surtout. Mais quel intérêt de chercher les sources grecques de l'Europe si ce n'est uniquement pour présever un idéal qui était déjà douteux à l'origine. J'ai l'impression que c'est une vanité intellectuelle, un retour ou une conservation d'idées qui n'étaient pas si pacifiques. J'espérais toujours que l'idée de l'Europe était une idée de paix entre les peuples, ou même une dissolution de l'idée de patrie dans une communauté de personnes autonomes et libres. Mais apparemment, la profusion des colloques - comme celui de vendredi organisé à la Sorbonne- entretient une idée à mon avis dépassée d'une Europe grecque ou chrétienne, qui ne donne pas la possibilité à la pensée d'évoluer librement dans une création d'un ensemble, mais devient de plus en plus une revendication d'origine. Un effroi terrible dans une recherche de sources, religieuses ou autres, qui tendent à créer une plus grande opposition entre les hommes qui se sentent ou sont presque obligés de revendiquer une appartenance. J'écoute patiemment les interventions des uns et des autres et je n'y vois qu'un étalage de vanités personnelles. Ou peut-être une expression de la crainte de se retrouver dépourvu d'origine. Mais est-ce vraiment à craindre? L'Europe ne peut-elle pas surtout exprimer le fait d'avoir appris justement de l'histoire que revendiquer des origines mène quasiment toujours à un affrontement? Ne pouvons-nous pas poser la question de l'Europe uniquement dans un souci de paix?
jeudi 14 mai 2009
lundi 11 mai 2009
Grueness
Grâce à des nouvelles lectures et recherches plutôt orientées vers la perception, les images et les mots, je m'intéresse comme dans le dernier message qui date ... d'ailleurs.... toujours à Goodman. Ce n'est pas du tout parce que je n'ai rien fait d'autre ces derniers mois, ce qui indiquerait une totale obsession de Goodman, mais plutôt que je trouve que son "énigme" comme Ian Hacking l'appelle est très fructueuse. Je suis donc de nouveau amenée à réfléchir sur le langage et de rencontrer Wittgenstein et Kripke. Le langage ne peut pas être privé? Si nous ne sommes pas tous dans l'illusion de créer des mots et des signes dans la communication avec nos proches, ce langage-là n'est-il pas en quelque sorte privé, plus que public, si nous disons des choses et nous utilisons toujours d'autres mots dans des conversations privées, peut-être avons nous une plus grande souplesse ou un besoin d'adapter le langage à une intimité?
La création du mot "grue" indique selon moi ce besoin d'une ouverture du langage à d'autres classifications - peut-être- mais surtout à une nouvelle perspective sur le choses qui ne sont pas figées. Le langage qui nous permet de nous faire comprendre est aussi un moyen de désigner des choses que nous n'avons pas encore repérées. Le langage doit être créateur au même titre que le réel est créatif, car nous avons besoin d'adapter notre perception grâce au langage. Et ainsi communiquer par des mot-seuils comme "grue" parce que parfois "blue" ou "green" ne suffit tout simplement pas pour dire ce que nous voulons dire.
La création du mot "grue" indique selon moi ce besoin d'une ouverture du langage à d'autres classifications - peut-être- mais surtout à une nouvelle perspective sur le choses qui ne sont pas figées. Le langage qui nous permet de nous faire comprendre est aussi un moyen de désigner des choses que nous n'avons pas encore repérées. Le langage doit être créateur au même titre que le réel est créatif, car nous avons besoin d'adapter notre perception grâce au langage. Et ainsi communiquer par des mot-seuils comme "grue" parce que parfois "blue" ou "green" ne suffit tout simplement pas pour dire ce que nous voulons dire.
jeudi 15 janvier 2009
Nelson Goodman- un homme bien



Langages de l'art est presque aussi intéressant et amusant que Manières de faire des mondes. On apprend plein de choses sur la distinction des termes "exprimer" et "représenter" ou encore que l'image n'est pas triste en elle-même ou que le chef d'orchestre crée la musique par ses gestes.
Pour trouver le prédicat adéquat à un groupe de choses qui se retrouvent dans le même système, les choses se regroupent par ressemblance mais ne sont pour autant pas toutes pareilles. Je cherche chez Goodman une continuité de la théorie des idées de Platon, dans le domaine de la philosophie analytique. Donc, il ne parle pas d'"idées" et de "monde intelligible", mais plutôt de "prédicats" et de "systèmes". Goodman essaie d'appliquer la philosophie du langage à l'art. Donc, il parle des images que l'on peut reconnaître grâce à d'autres images de la même catégorie.
"Le choix entre ces systèmes est libre; mais, étant donné un système, la question de savoir si un objet nouvellement rencontré est un bureau ou une image-de-licorne, ou s'il est représenté par une peinture déterminée, revient à la question de savoir s'il convient, dans ce système, de projeter le prédicat "bureau", le prédicat "image-de-licorne", ou la peinture, sur la chose en question."
Nelson Goodman, Langages de l'art, Description et depiction, p.65
mercredi 17 décembre 2008
La soglitude interplanétaire

Merci à tous ceux qui ont répondu à l'appel des seuils et de la soglitude!
Je ne m'attendais pas à un tel succès! J'ai reçu des propositions des pays suivants: France, Italie, Espagne, Portugal, Etats-Unis, Canada, Côte-d'Ivoire, Chili, Suisse, Angleterre, Pologne, Chine.
Grâce au grand nombre de propositions d'excellente qualité, je vais pouvoir proposer un séminaire ou un colloque à mes amis à Nantes! Je pense que ce sera formidable!
Nous aurons non seulement des personnes très douées de partout dans l'univers mais aussi un mélange de disciplines et de centre d'intêrets absolument fascinant. Ces interventions se retrouvent bien sûr au seuil, mais forment en quelque sorte un noyau créatif et scientifique d'une nouvelle méthode de recherche! J'en suis très contente! Maintenant, je dois choisir les contributions qui conviennent le mieux aux Conserveries Mémorielles! C'est un très beau travail! Merci encore Vincent!!
samedi 13 décembre 2008
Two's company, three's a crowd
Crowds, Events, Affects
Crowds, Events, Affects
We are seeking academic contributions for a forthcoming edition of Conserveries mémorielles on crowds, events and affects. Crowds may weigh on social life as phantasmatic entities and ghostly presences or as material and sensuous immediate realities involving corporeal experiences of excess, whether overwhelming or pleasurable. In this special issue of Conserveries mémorielles, we wish to explore the eventness of crowd phenomena: how the presence of crowds introduces ruptures of sense, new practices and new intelligibilities.
Topics of interest include but are not limited to :
- Crowds and memory
- Affects and events in crowd theory and literature
- Crowds and material culture
- Imagined communities, imagined crowds.
- Sensuousness of crowds
- Crowds and event theory (Davidson, Ricoeur, Badiou, Deleuze, etc.)
Conserveries mémorielles is a peer reviewed e-journal published by the Canada Research Chair in Comparative History of Memory.
Deadline for submissions is February 28, 2009. Papers shall be written in French or English (MLA citation style) and not exceed 10 000 words.
Please send your submissions with a 250-abstract and a short cv at:
crowdseventsaffects@gmail.com
Publication is expected for Fall 2009.
For further information, visit the website (in French):
http://www.celat.ulaval.ca/histoire.memoire/revue.htm
Foules, événements, affects
Nous recherchons des contributions pour un futur numéro de la revue Conserveries mémorielles sur la thématique Foules, évnements, affects. Les foules peuvent peser sur la vie sociale en tant qu'entités phantasmatiques ou présences spectrales ou comme réalités immédiates, matérielles et sensibles, impliquant une expérience corporelle d'excès pouvant procurer un sentiment d'inquiétude ou de jouissance. Dans ce numéro spécial de Conserveries mémorielles, nous désirons explorer l'événementialité des phénomènes de foules: comment la présence des foules introduit des ruptures de sens, de nouvelles pratiques et de nouvelles intelligibilités.
Les sujets d'intérêt comprennent mais ne se limitent pas à :
- Foules et mémoire
- Affects et événements dans la théorie des foules et la littérature sur les foules
- Foules et culture matérielle
- Communautés imaginées, foules imaginées
- Foules et sensibilité
- Foules et théories de l'événement (Davidson, Ricoeur, Badiou, Deleuze, etc.)
Conserveries mémorielles est un journal électronique avec comité de lecture qui est publié par la Chaire de Recherche du Canada en histoire comparée de la mémoire.
La date de tombée pour la soumission d'articles est le 28 février 2009. Les textes seront rédigés en français ou en anglais avec références en format MLA et ne dépasseront pas 10 000 mots.
Pour plus d'informations, visitez le site internet :
http://www.celat.ulaval.ca/histoire.memoire/revue.htm
Envoyez vos propositions accompagnées d'un résumé de 250 mots et d'un court cv à :
crowdseventsaffects@gmail.com
La publication est prévue pour l'automne 2009.
Crowds, Events, Affects
We are seeking academic contributions for a forthcoming edition of Conserveries mémorielles on crowds, events and affects. Crowds may weigh on social life as phantasmatic entities and ghostly presences or as material and sensuous immediate realities involving corporeal experiences of excess, whether overwhelming or pleasurable. In this special issue of Conserveries mémorielles, we wish to explore the eventness of crowd phenomena: how the presence of crowds introduces ruptures of sense, new practices and new intelligibilities.
Topics of interest include but are not limited to :
- Crowds and memory
- Affects and events in crowd theory and literature
- Crowds and material culture
- Imagined communities, imagined crowds.
- Sensuousness of crowds
- Crowds and event theory (Davidson, Ricoeur, Badiou, Deleuze, etc.)
Conserveries mémorielles is a peer reviewed e-journal published by the Canada Research Chair in Comparative History of Memory.
Deadline for submissions is February 28, 2009. Papers shall be written in French or English (MLA citation style) and not exceed 10 000 words.
Please send your submissions with a 250-abstract and a short cv at:
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Publication is expected for Fall 2009.
For further information, visit the website (in French):
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Foules, événements, affects
Nous recherchons des contributions pour un futur numéro de la revue Conserveries mémorielles sur la thématique Foules, évnements, affects. Les foules peuvent peser sur la vie sociale en tant qu'entités phantasmatiques ou présences spectrales ou comme réalités immédiates, matérielles et sensibles, impliquant une expérience corporelle d'excès pouvant procurer un sentiment d'inquiétude ou de jouissance. Dans ce numéro spécial de Conserveries mémorielles, nous désirons explorer l'événementialité des phénomènes de foules: comment la présence des foules introduit des ruptures de sens, de nouvelles pratiques et de nouvelles intelligibilités.
Les sujets d'intérêt comprennent mais ne se limitent pas à :
- Foules et mémoire
- Affects et événements dans la théorie des foules et la littérature sur les foules
- Foules et culture matérielle
- Communautés imaginées, foules imaginées
- Foules et sensibilité
- Foules et théories de l'événement (Davidson, Ricoeur, Badiou, Deleuze, etc.)
Conserveries mémorielles est un journal électronique avec comité de lecture qui est publié par la Chaire de Recherche du Canada en histoire comparée de la mémoire.
La date de tombée pour la soumission d'articles est le 28 février 2009. Les textes seront rédigés en français ou en anglais avec références en format MLA et ne dépasseront pas 10 000 mots.
Pour plus d'informations, visitez le site internet :
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