vendredi 3 octobre 2008

Le corps, la maison (suite)


"Toute vision d'un objet par moi se réitère instantanément entre tous les objets du monde qui sont saisis comme coexistants parce que chacun d'eux est tout ce que les autres "voient" de lui. Notre formule de tout à l'heure doit donc être modifiée; la maison elle-même n'est pas la maison vue de nulle part, mais la maison vue de toutes parts. L'objet achevé est translucide, il est pénétré de tous côtés par une infinité actuelle de regards qui se recoupent dans sa profondeur et n'y laissent rien de caché."

Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Le corps, p.83.

La dialectique de Hegel transposée à la perception? Chaque chose est ce qu'elle est par les autres, Sartre? Ce que la chose est c'est ce qu'elle est par rapport à ce qu'elle n'est pas. Une négation qui devient affirmation. La négation de ce que la chose n'est pas, c'est la chose elle-même? Mhhhh....

La perspective et une vision de nulle part : Merleau-Ponty rencontre Thomas Nagel



"Voir, c'est entrer dans un univers d'êtres qui se montrent, et ils ne se montreraient pas s'ils pouvaient être cachés les uns derrière les autres ou derrière moi. En d'autres termes: regarder un objet, c'est venir l'habiter et de là saisir toutes choses selon la face qu'elles tournent vers lui. Mais, dans la mesure où je les vois elles aussi, elles restent des demeures ouvertes à mon regard, et, situé virtuellement en elles, j'aperçois déjà sous différents angles l'objet central de ma vision actuelle. Ainsi chaque objet est le miroir de tous les autres. Quand je regarde la lampe posée sur ma table, je lui attribue non seulement les qualités visibles de ma place, mais encore celles que la cheminée, que les murs, que la table peuvent "voir", le dos de ma lampe n'est rien d'autre que la face qu'elle "montre" à la cheminée. Je peux donc voir un objet en tant que les objets forment un système ou un monde et que chacun d'eux dispose des autres autour de lui comme spectateurs de ses aspects cachés et garantie de leur permanence. Toute vision d'un objet par moi se réitère instantanément entre tous les objets du monde qui sont saisis comme coexistants parce que chacun d'eux est tout ce que les autres "voient" de lui."

Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Le corps, p.82-83



Ce développement de la Phénoménologie de la perception fait penser aux Investigations de Husserl et au Point de vue de nulle part de Thomas Nagel, et bien sûr aux points de vue des monades de Leibniz.
Les choses ont leur point de vue, qu'elles soient animées ou pas, elles se donnent chacune un point de vue de l'univers parce que chaque chose est placée à un endroit, occupe une place dans le monde à partir duquel elle a un point de vue unique qu'elle ne partage avec personne, comme son destin, ce point de vue ne rendra compte uniquement de son propre être, de son existence, de son être présent dans le monde. Mais cette présence n'est pas fixe, l'endroit est changeant, tout comme l'est donc le point de vue!

jeudi 2 octobre 2008

Toronto et Montréal, deux villes de seuils





Le jardin botanique à Montréal, L'école de Design à Toronto, l'université de Toronto (je crois) et encore une fois le jardin botanique de Montréal.

La ville et les fils électriques


Parfois, la ville est comme emprisonnée dans un filet de fils électriques. Nous avons cela à Vienne à cause du tramway surtout, aussi à Toronto. Quand nous avons fait nos recherches pour le film sur la ville, on cherchait souvent des images particulièrement parlantes de cette façon de nous cacher le ciel. Papi, hier ist ein Stück Toronto mit demselben Problem!

Soglitude


Bientôt, j'aurai la chance de diriger un numéro de la revue Conserveries Mémorielles du département d'histoire de l'Université Laval (Merci beaucoup, Vincent!)
Donc, je peux enfin proposer mon merveilleux mot: "la soglitude". C'est selon moi, l'état (ou la condition comme dit Troi- la condicio!) de l'homme, il est "au seuil" donc soglia (seuil en italien). Il n'est jamais fini ou accompli, toujours en "création", toujours en devenir dans un moment dynamique, pour essayer de concilier Bergson et Hegel dans une seule phrase. La solitude, parce que face au monde et entrelacé avec le monde, l'homme reste cependant seul à choisir ses actes et à se mouvoir et à s'émouvoir.
L'appel à communication sera bientôt mis en ligne. Avis à tous les amateurs de seuils.