samedi 25 octobre 2008

Dualismes


Bientôt j'aurai fini de lire Le cheval dans la salle de bains de Douglas Adams (oui, c'est un très bon livre et je vais peut-être donner une autre chance au Guide Galactique!)
Et comme il est question de fantômes dans ce livre, je suis renvoyée à cette question de dualisme, de double aspect, de double substance, bref, la question de savoir si le corps et l'esprit peuvent être séparés. Dans le livre, un fantôme peut prendre possession du corps de quelqu'un, mais en quelque sorte il possède encore plus son esprit puisqu'il parle à travers lui. L'autre a donné son accord au fantôme et reste là, à côté, à l'intérieur, en fait, je ne sais pas où il reste, mais il est quand même là, le propriétaire original du corps. Un peu comme Malkovich est là quand les autres personnes sont en lui et voient le monde à travers lui.
Je me demande comment cette histoire de fantôme peut nous plaire à ce point. Gilbert Ryle avait - comme chacun sait- appelé la théorie de Descartes celle du "ghost in the machine". Comment aurions-nous quelqu'un à l'intérieur de nous qui serait nous et nous ferait agir? Comme si un fantôme prenanit possession de nous?
Encore une fois, je pense à Bergson qui dit que le cerveau est l'organe qui nous détermine à l'action dans le monde, qui nous permet donc d'interagir avec notre environnement. Pourquoi ne serions-nous pas un tout? Pourquoi penser cette séparation corps/esprit? Pour la première fois, je rejoins un peu Dennett dans ses réflexions. En même temps, les histoires de fantômes sont amusantes, et Bergson lui-même y croyait.

Bon colloque!

mercredi 22 octobre 2008

points de vue



"La subjectivité continue à poser un problème délicat, même si l'on a admis que les points de vue et les expériences subjectives font partie du monde réel- même si l'on a reconnu que le monde est peuplé de gens qui ont des esprits , des pensées, des sensations et des perceptions qui ne peuvent pas être pris en compte par la conception physique de l'objectivité. Admettre ce fait général ne régle pas le problème, resté inexpliqué, de la subjectivité particulière. Conçu de cette façon, le monde, bien qu'il contienne une extrême diversité de types de choses et de perspectives, est toujours a-centré. Il nous contient tous, mais aucun de nous n'occupe de position métaphysique privilégiée. Pourtant, chacun d'entre nous, s'il réfléchit à ce monde a-centré, doit admettre que, dans sa description, l'on semble avoir omis de mentionner un fait de taille: le fait que s'y trouve une personne particulière qui n'est autre que lui-même."

Thomas Nagel, Le point de vue de nulle part

dimanche 19 octobre 2008

Idée de l'Europe


Le colloque qui avait lieu à Nantes le 17 octobre, organisé par Ari Simhon et Jean-Marie Lardic portait sur l'Europe et la phénoménologie.
J'ai appris que l'idée de l'Europe est une idée grecque- l'idéal humaniste d'une société intelligente- à laquelle tout peuple intelligent peut adhérer. Mais cette idée, cet idéal n'a apparemment pas souffert de la Seconde Guerre Mondiale qui a dû normalement endommager cet idéal où on a assisté à un massacre de tout ce qu'un idéal européen peut représenter. A quoi sert une idée si elle n'est pas mise à l'épreuve du réel? Que devient la dialectique hégélienne alors? Le réel doit agir sur l'idée, la remettre en question, permettre de penser les rapports entre les personnes, permettre de repenser la démocratie, la renforcer? La construction d'une communauté européenne va dans le sens d'une conciliation, pour éviter que les peuples européens ne s'assassinent entre eux ou à l'intérieur, me semble-t-il. Ce colloque semblait dire que l'idéal grec (et j'aimerais que l'on m'explique en quoi c'est encore une idée grecque de nos jours) n'était pas mis en danger par ce qui arrive, parce que l'idéal se déploie dans un monde idéal. Je doute que cette pensée élitiste d'une philosophie au-delà du réel nous fasse beaucoup de bien.